Loi Copé-Zimmerman : les femmes au pouvoir ?



Depuis son adoption en 2011, la loi « Copé-Zimmermann » a-t-elle atteint les objectifs qu’elle s’était fixés et changé les mentalités sur la parité femmes/hommes dans les grandes entreprises ?

Loi Copé Zimmerman

La loi Copé-Zimmermann, c’est en réalité la « loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle ». En imposant un quota de 40 % de femmes, dans les conseils d’administration et de surveillance (CA) des entreprises cotées en bourse, le gouvernement veut imposer la parité, sous peine de sanctions.

L’argument principal, appuyé par plusieurs études et sondages, est que la parité serait un facteur important du bien-être au travail. Elle permet également, au niveau des instances dirigeantes, de prendre en compte tous les talents, compétences et expériences disponibles dans l’entreprise.


Des avancées certaines

Force est de constater que la loi a porté ses fruits. Début 2018, les CA des entreprises du CAC 40 comptaient 42,3 % de femmes, et elles étaient 42,6 % dans les 120 entreprises françaises les plus cotées en bourse (le SBF 120). Un chiffre en constante progression, avec des entreprises faisant office de « bons élèves », comme Engie et ses 56,2 % de femmes au conseil d’administration.


Un constat à nuancer

Les retombées de la loi Copé-Zimmermann sont donc satisfaisantes, certes, mais elles ne font pas oublier trois problèmes persistants. Le premier étant que 100 % des PDG des entreprises du CAC 40 sont des hommes. Il y a bien des femmes qui occupent des postes de Directrice Générale, comme Isabelle Kocher (Engie) ou Anne Rigall (Air France), mais elles ne sont pas Présidentes.

Le deuxième, c’est que la part des femmes dans les comités exécutifs et de direction, les « comex », est d’à peine 18 % en 2018. Non soumis à un quota obligatoire, ces hauts lieux de pouvoir et de décision restent très majoritairement masculins.

Enfin, sorti des entreprises du SBF 120, le pourcentage de femmes dans les CA d’entreprises cotées en bourse (environ 600) chute à 30 %.


Les initiatives se développent

Face à ces constats, plusieurs structures se mobilisent, sans attendre d’actions du gouvernement. Par exemple, KEDGE Business School, avec le cabinet Leyders Associates, a lancé fin 2018 un certificat « Femmes au cœur des conseils », qui forme spécifiquement les futures administratrices de sociétés.

À Marseille, l’UPE 13 (Union Pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône) accompagne gratuitement les entreprises de plus de 50 salariés dans la mise en place d’une politique sur l’égalité femmes/hommes. Une manière de prendre les devants avant une extension de la loi Copé-Zimmermann aux entreprises de plus petites tailles ?